Campà inseme ind'è un Bastia vivu ; vivre ensemble dans un Bastia qui bouge

Table ronde « Vivre ensemble, dans un Bastia qui bouge ; Campà inseme, ind’è un Bastia vivu » – 27/11/2013 au Théâtre de Bastia

Mercredi 27 novembre de 19h à 21h au Théâtre de Bastia

Les villes vivent désormais 24h sur 24, en continu. La nuit, les villes ralentissent, se concentrent sur certains lieux. Les besoins, les habitants sont différents, les usages de l’espace public aussi. Les problèmes changent de nature. Si la nuit est le temps du repos pour certains, il est celui de la fête pour d’autres. Puisque l’usage de la ville change avec la nuit, les pratiques professionnelles des services publics et des acteurs locaux doivent se repenser. La nuit ne peut plus être une dimension oubliée de la ville. Le conflit potentiel entre la ville qui dort, celle qui s’amuse et celle qui travaille conduit à repenser le vivre ensemble et à œuvrer pour une meilleure qualité de la vie nocturne. De nombreuses villes européennes, notamment touristiques et étudiantes, font face à ces enjeux majeurs de gestion de la vie nocturne dans un contexte où les services publics fonctionnent souvent au ralenti. Néanmoins, ces villes ont besoin de mettre en avant la qualité de leur vie nocturne, car elle fait partie de leur attrait touristique et constitue pour elles un fort enjeu économique.

Bastia se retrouve aujourd’hui confrontée à une problématique identique : – Comment offrir à tous, et particulièrement aux jeunes, une ville vivante et festive, d’un bout de l’année à l’autre ? – Comment développer l’activité économique et commerciale, y compris la nuit, a fortiori dans la perspective d’un renforcement de l’attractivité touristique de notre ville ? – Comment concilier ces deux aspects avec le respect des habitants et des riverains, et de leur qualité de vie ?

Pour définir ses propres réponses, Bastia doit bien sûr se tourner vers les villes qui, ailleurs, ont réussi à concilier ces enjeux : quelles sont les réponses apportées par les villes européennes face à ces défis ? Comment développer des réponses durables pour penser la ville dans sa globalité ? Comment réduire les risques liés aux usages de la nuit ? Comment concilier la vie nocturne, la vie économique et la tranquillité des habitants ?

La réponse doit bien sûr être définie en commun entre tous les partenaires (commerçants, riverains, Municipalité, CCI).

A partir de l’expérience d’un réseau de villes européennes, cette table ronde sera l’occasion de débattre sur les enjeux, pour Bastia, d’une vie nocturne de qualité et sur l’approche commune à promouvoir et mettre en œuvre en la matière.

Campà inseme ind'è un Bastia vivu ; vivre ensemble dans un Bastia qui bouge

Ouverture :

Gilles SIMEONI : Présentation des enjeux d’une ville festive et ouverte, cadre de la table ronde, présentation des intervenants.

Table ronde : «Vivre ensemble, dans un Bastia qui bouge ; Campà inseme, ind’è un Bastia vivu »

« L’espace de la fête»

Véronique NAHOUM GRAPPE, Anthropologue

« Dans nos sociétés urbanisées contemporaines, l’époque n’est plus au « premier bal ». Pour les classes moyennes majoritaires, la « sortie » de jeunes est largement décadrée des contraintes codifiées et rigides qui pouvaient peser sur elles dans d’autres cultures plus traditionnelles. Au plan historique, on constate dans de nombreuses sociétés différentes entre elles l’invention collective du temps festif, cérémoniel (plutôt le jour) ou carnavalesque (plutôt la nuit), ce qui montre qu’elle correspond à une fonction possible de type anthropologique. Dès lors, la fête comporte des risques liés à sa fonction : il y a des risques de dérapages en situation : toute fête construit une atmosphère qui renvoie en miroir des tensions et conflits existants dans la société englobante : dans une société comme la notre où la puissance des engins motorisés, la chimie sophistiquée des substances proposées licites ou non, la tension culturelle pesant sur la perception du monde présent et futur sont bien particulières, la cohabitation de deux mondes, celui de la nuit et celui des habitants adultes – riverains qui implique la gestion des tensions liées au partage de l’espace et du temps de la nuit — ne peut être que de plus en plus conflictuelle si le monde des adultes ne met pas à la base des choix de prévention , la compréhension de l’ensemble de la problématique.”

« La nuit, un espace social »

Par Michel MARCUS, Magistrat honoraire, Délégué Général du Forum Français pour la Sécurité Urbaine et Conseiller du Forum Européen pour la Sécurité Urbaine

« La nuit représente le sommeil, l’intimité ou la fête, elle peut cependant être le temps de l’isolement, de la transgression ou de la violence. Aujourd’hui encore, même si des services publics fonctionnent pour répondre aux situations d’urgence, la fermeture des guichets reste la règle la plus commune. La nuit doit-elle rester “un désert social” ? Parce que la ville la nuit est un véritable espace social, il importe d’en assurer le bon fonctionnement et de faire face à des enjeux majeurs de gestion de la vie nocturne. La qualité de la vie nocturne apporte aussi un attrait touristique et constitue un fort enjeu économique. L’intervenant illustrera ses propos par des expériences menées en Europe visant à promouvoir une culture de prévention des risques en matière de santé et de sécurité liés à la fête dans l’espace public nocturne. »

«Vie nocturne et partenariat »

Par Denis TALLEDEC : Directeur du Collectif Culture Bar – Bars, fédération nationale des cafés cultures

« A partir de l’expérience du collectif Bar- Bars en France, l’intervenant traitera des modalités de collaboration avec les acteurs de la nuit et des enjeux de régulation. Il évoquera les chartes de vie nocturne, développées dans différentes villes. Si elles sont un outil facilitateur de dialogue avec les différents partenaires concernés, elles ne sont pas suffisantes si elles ne s’insèrent pas dans une stratégie globale. Il évoquera la nécessité de porter une vision commune de la vie nocturne, avec l’ensemble des acteurs qui la composent, afin de créer des situations mutuellement bénéfiques. »

« Expérience de la ville de Reggio Emilia, Italie »

Par Franco Corradini, adjoint au Maire à la cohésion sociale et à la sécurité, Ville de Reggio-Emilia et Vice-président du Forum Européen pour la Sécurité Urbaine

Reggio Emilia est considérée comme la capitale de l’action éducative, elle a une approche basée sur l’appartenance à la communauté. Elle développe sa politique de cohésion sociale sur deux axes : la participation citoyenne et le travail de rue. L’intervenant illustrera une initiative d’appropriation de l’espace public, par différentes cultures et générations, d’une manière participative et responsable. Cette action, le Caffé Reggio est menée dans le cadre d’une politique municipale globale où la solidarité est la clé du bien être économique et sociale. L’intervenant traitera de l’intérêt de promouvoir la qualité de sa vie nocturne, car elle participe à l’attrait touristique, et constitue pour elle un fort enjeu économique.

Débat avec le public

Conclusion

Promouvoir une vie nocturne durable et de qualité Par Michel MARCUS et Gilles SIMEONI

A propos du Forum Européen pour la Sécurité Urbaine. Créé en 1987, à Barcelone, sous l’égide du Conseil de l’Europe et sous l’impulsion de M. Gilbert Bonnemaison – ancien Maire d’Epinay-sur-Seine et co-fondateur de la politique de prévention française-, le Forum Européen est une Organisation Non Gouvernementale qui rassemble 250 collectivités locales d’Europe et qui a pour objectif de renforcer les politiques de prévention de la délinquance et de promouvoir le rôle des collectivités locales dans l’élaboration des politiques au niveau national et européen. L’Efus agit comme un lieu de dialogue, de réflexion et de coopération. Il favorise les échanges d’expériences positives, par le biais d’une coopération inter-cités. Il contribue ainsi à stimuler et à orienter les politiques locales, nationales et communautaires en matière de prévention de l’insécurité urbaine et de traitement de la délinquance. Des Forums nationaux ont été créés en France, Italie, Belgique, Luxembourg, Espagne, Portugal et Allemagne. L’Efus est dirigé par un Comité Exécutif de 33 villes, élues chaque année par ses membres. Le Forum travaille avec la majorité des 28 pays de l’Union Européenne, et a un statut consultatif auprès de la Commission Européenne, du Conseil de l’Europe et des Nations Unies. Il est membre, du Forum de la Société Civile sur les Drogues, et des groupes d’experts “Trafic des Etres Humains” (depuis 2003) et du groupe « Besoins politiques de données pertinentes en matière de criminalité et de justice criminelle » (depuis 2007). Il participe également aux travaux du Réseau Européen pour la Prévention de la Criminalité. www.efus.eu

A propos du Forum Français pour la Sécurité Urbaine. Le Forum Français est une association de Loi 1901 né en 1992, de l’initiative du député-maire d’Épinay-sur-Seine Gilbert Bonnemaison, célèbre pour son rapport « Face à la Délinquance : prévention, répression, solidarité », paru en 1982. Association regroupant des élus locaux de toutes tendances politiques, le Forum compte en 2013, 120 collectivités territoriales françaises. En tant qu’association de collectivités locales, l’objectif principal du Forum est d’animer un réseau de villes en favorisant l’échange d’expériences et la mutualisation de bonnes pratiques en matière de sécurité et de prévention de la délinquance. Le principe fondateur du Forum est: « Les villes aident les villes ». www.ffsu.org.

Nous espérons que vous nous ferez l’honneur et l’amitié de votre présence et de votre participation en cette occasion.

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