Interview de Gilles Simeoni dans Corse-Matin

Retrouvez l’article sur le site de Corse-matin en cliquant ici

Le candidat nationaliste aux élections municipales a élaboré un programme axé sur la solidarité, le développement économique et le vivre ensemble. Il répond aussi aux attaques de Jean Zuccarelli

Dans quel état d’esprit abordez-vous cette campagne ?

Dans la sérénité et la détermination. Mon engagement est total au service des Bastiais et il a du sens car il s’inscrit dans une démarche collective et d’espoir.

Avez-vous tiré des enseignements de la précédente élection municipale ?

En 2008, nous avions posé les jalons de notre ligne stratégique : la défense de l’intérêt général, la volonté de s’ouvrir à toutes les forces vives.

Notre action s’est inscrite dans la durée et l’opposition a d’ailleurs été systématiquement traitée avec mépris lors des conseils municipaux !

La leçon de ces 5 ans est que nous avons fait nos preuves en nous affirmant comme une force constructive, tout en n’hésitant pas à dénoncer les dérives.

Comment la démarche a-t-elle évolué ?

Nous l’avons renforcée par la présence d’hommes et de femmes qui nous ont apporté leurs compétences afin d’offrir aux Bastiais le changement qu’ils espèrent.

Nous sommes aujourd’hui en capacité de proposer une alternative basée sur la démocratie, la transparence.

Les divisions à gauche ouvrent-elles un boulevard à Inseme per Bastia ?

Ce qui se passe à gauche est révélateur des évolutions de notre société.

Les idées nationalistes font aujourd’hui l’objet d’un large consensus.

Nous voulons encourager celles et ceux qui sont porteurs de progrès et combattre le conservatisme. Il n’est pas étonnant de voir deux grands schémas politiques à gauche aujourd’hui : d’un côté Jean Zuccarelli qui se revendique d’un système historiquement opposé à tous les combats de progrès et de l’autre Emmanuelle de Gentili qui s’est prononcée à l’assemblée territoriale pour le statut d’autonomie et la coofficialité.

À Ajaccio, les nationalistes modérés et Corsica Libera s’associent pour la bataille municipale, pourquoi pas à Bastia ?

Il s’agit d’une élection de proximité où les situations politiques locales ont une influence importante. À Ajaccio, il y a un partenariat Femu A Corsica et Corsica Libera pour offrir une alternative au duo Renucci/Marcangeli.

À Bastia, la situation est différente. Imagine-t-on Jean Zuccarelli mettre des nationalistes sur sa liste et des indépendantistes comme le fait Simon Renucci ?

Que répondez-vous à Jean Zuccarelli qui vous reproche d’être « contre tout » les projets qui ont développé la ville ?

Il s’agit de contre-vérités absolues.

Il cite souvent le tunnel de Bastia, je rappelle pour l’anecdote qu’à l’époque de sa construction… j’avais neuf ans !

Les réserves cela dit concernaient surtout le coût de l’ouvrage passé d’un à vingt-sept milliards de centimes… Inseme per Bastia est au contraire très constructif.

Dès lors qu’il s’agit d’investissements structurants, nous sommes ouverts au dialogue, y compris sur le port de la Carbonite.

Je suis obligé de constater que les questions de fond sur la faisabilité, l’impact environnemental et le coût financier sont sans réponse. Ce projet territorial a pour ambition de faire passer de 2,4 à 9 millions le nombre de passagers, ce qui est en rupture totale avec le modèle de tourisme durable que le Padduc veut promulguer. Répondons sereinement à ces questions.

Pourtant Jean Zuccarelli affirme qu’il s’agit de l’un des enjeux de la prochaine mandature ?

Il faut porter le débat à son terme tout d’abord.

On ne peut pas à l’évidence conditionner le développement économique de la ville à un investissement qui n’interviendrait pas avant quinze ans !

Quels sont les grands axes du projet que vous détaillerez prochainement ?

L’identité, l’ouverture, l’émancipation, la solidarité constituent le socle de notre projet pour Bastia. Les enjeux de l’élection sont importants à commencer par la démocratie pour faire de la ville un modèle de gestion et de transparence. Sur l’attribution des HLM, on a beau dire ce qu’on veut, si vous ne connaissez pas un tel ou un tel, vous n’obtenez pas de logement… Sur ce point, je proposerai un système transparent avec un barème objectif où personne ne sera lésé.

Sur le développement économique, quelles pistes ?

La situation est très difficile, je rappelle que plus de 56 % des ménages ne sont pas imposables. Bastia est une ville pauvre mais on peut agir.

Notamment en relançant l’activité en centre-ville, la création de parkings relais doublés de train-tram, en aérant le centre ancien, en soutenant les entreprises à haute valeur ajoutée. Un investissement indispensable à faire : la construction d’un grand palais des congrès pour les Bastiais et le tourisme d’affaire.

Quel autre message adressez-vous aux électeurs ?

Les idées ne valent que si on a la volonté de les mettre en œuvre. Inseme est la force motrice du changement et de l’espoir.

La CAB sera l’un des enjeux de cette élection avec une meilleure représentation des forces politiques, quelle est votre vision de l’agglomération ?

Il était choquant dans cette mandature que la majorité se soit adjugée les 12 sièges privant ainsi 45 % des Bastiais d’une représentation. Aujourd’hui la loi l’impose. La collectivité avec ses compétences élargies, doit devenir un espace de réflexion stratégique sur les problèmes qui touchent les gens dans leur quotidien.

Y a-t-il actuellement des discussions avec les autres formations politiques en vue d’un éventuel partenariat ?

Il n’y a pas de pourparlers secrets. Nous allons tout faire pour arriver en tête et nous voulons construire le changement avec toutes les forces qui seront prêtes à conclure un contrat clair sur des valeurs et un projet pour la ville. Au fil de la campagne, les choses se feront mais toujours dans la clarté et la transparence.

Laisser un commentaire

  • Pas encore de commentaires